Bilan de l’année : les trois politiques qui ont le plus touché le marché canadien de l’habitation

Tant sur le plan personnel que professionnel, janvier est un moment propice à la réflexion. Il peut se passer beaucoup de choses en 12 mois, et nous savons quil est parfois difficile de rester au fait de tout ce qui se passe à lACI.

Au cours des prochaines semaines, nous reviendrons sur les faits saillants de lannée dernière dans le monde de limmobilier canadien. Si vous désirez y ajouter, n’hésitez pas à le faire dans l’espace réservé aux commentaires ci-dessous.

Jetons un coup d’œil aux trois changements les plus importants apportés aux politiques qui ont laissé leur marque sur le marché canadien de l’habitation en 2017, et qui promettent de continuer de le faire en 2018 et au-delà.

  1. Hausse des taux d’intérêt

Après avoir laissé son taux cible de financement à un jour à de bas niveaux sans précédent durant près de sept ans, la Banque du Canada l’a haussé d’un quart de point de pourcentage à deux reprises en 2017, soit en juillet et en septembre.

La plupart des gens s’attendent à de nouvelles hausses des taux en 2018; elles devraient toutefois être de faible envergure et effectuées de manière moins rapprochée. La Banque du Canada veut éviter de créer une récession d’origine strictement canadienne découlant de hausses de taux trop élevées et trop rapides. Elle reconnaît d’ailleurs qu’il s’agit d’un risque tangible, étant donné l’ampleur de la dette qui écrase toujours les ménages canadiens.

  1. Plan pour le logement équitable de l’Ontario

En avril, le gouvernement de l’Ontario a pris des mesures visant à freiner la lancée des marchés du Grand Golden Horseshoe (GGH), qui comprend le Grand Toronto et d’autres marchés se trouvant à deux heures de route (ou à peu près, lorsque la circulation est bonne, ce qui est rare).

Le « Plan » a étendu le contrôle des loyers de manière à englober tous les types de logements locatifs (auparavant, la réglementation s’appliquait uniquement aux logements locatifs construits avant 1992). Il a aussi mis en place un impôt de 15 % visant les acheteurs étrangers (spéculation des non-résidents).

L’annonce de ce plan a immédiatement refroidi les ardeurs des acheteurs et, par la même occasion, les ventes dans l’ensemble du GGH.

Plus récemment, les ventes ont commencé à reprendre dans cette région, ce qui a entraîné le rétablissement de l’équilibre entre l’offre et la demande. En fait, au moment de la rédaction, le nombre de mois d’inventaire dans tous les marchés du GGH se situait en deçà ou à peu près au niveau de la moyenne à long terme. Cela vient essentiellement appuyer les prix dans la région.

De plus, le contrôle des loyers pour l’ensemble des logements locatifs garantit pratiquement le maintien de la faiblesse des réserves de logements locatifs ainsi que des taux d’inoccupation dans le GGH.

  1. Les règles hypothécaires causent de plus gros maux de tête

Les règles hypothécaires fédérales ont connu un nouveau resserrement en 2017. Les nouvelles règles, annoncées en octobre, sont entrées en vigueur dès les premières secondes de 2018. Désormais, les institutions financières sous réglementation fédérale devront évaluer l’admissibilité de tous les acheteurs à un prêt hypothécaire en fonction du taux de financement de référence sur cinq ans ou du taux hypothécaire offert plus 2 % (le plus élevé des deux).­

Le taux de référence est publié par la Banque du Canada tous les mercredis. Au moment de la rédaction, il se situait à 4,99 %, ce qui dépasse largement le taux hypothécaire fixe sur cinq ans offert par bon nombre des grandes banques canadiennes ou d’autres prêteurs hypothécaires.

La nouvelle « simulation de crise », lancée par le ministre des Finances, Bill Morneau, s’ajoute à la mesure qui s’appliquait auparavant uniquement aux prêts hypothécaires accordés aux acheteurs dont la mise de fonds était inférieure à 20 %. Désormais, la simulation de crise s’appliquera à tous les acheteurs, peu importe le pourcentage de leur mise de fonds par rapport à la valeur du prêt hypothécaire.

Ancien économiste en chef, Gregory Klump fournissait ses points de vue sur l’état et les perspectives des marchés de l’habitation canadiens aux médias, aux décideurs politiques et aux intervenants du secteur immobilier. En 2017, Greg a célébré son 25e anniversaire en tant que membre de l’équipe de l’ACI. Avide skieur et planchiste en hiver, il est un passionné de l’entraînement en parcours (CrossFit) à l’année.


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