État actuel des marchés de l’habitation au Canada

Lundi, L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a publié ses statistiques nationales sur le marché de l’habitation pour le mois de mai, deuxième mois complet depuis le début de la pandémie de COVID-19. 

Bien que les restrictions s’assouplissent graduellement un peu partout au pays, l’incertitude persiste dans le secteur immobilier. Dans ce texte, Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI, fait le point sur l’état actuel des marchés de l’habitation au Canada et explique ce que les données signifient pour les membres.


Les données du marché canadien de l’habitation pour le mois de mai nous permettent de faire un constat à la fois optimiste et pessimiste. 

D’une part, les ventes et les nouvelles inscriptions ont respectivement enregistré des hausses de 57 % et de 69 % après désaisonnalisation en mai comparativement à avril. Impressionnant, certes, mais le point de départ était très bas.

D’autre part, les ventes et les nouvelles inscriptions demeurent à des planchers historiques.

Pour vous donner une idée, dans une bonne année, environ 500 000 maisons changent de propriétaires par l’entremise des systèmes MLS® au Canada. Au rythme annualisé, ce chiffre se situait à environ 200 000 en avril et à près de 315 000 en mai.

Une fois mises en perspective, les données nous indiquent donc que nous sommes sur la bonne voie et que nous progressons plus rapidement que prévu. Nous sommes toutefois loin d’un retour à la normale.

Fait intéressant à souligner qui ne ressort pas des données mensuelles, cette tendance vers l’amélioration, apparue à la mi-avril, s’est maintenue jusqu’à la première semaine de juin. Le retour à la normale est donc plus près que ce que suggèrent les données mensuelles (mais ce n’est pas encore chose faite). Les données de juin devraient le refléter.

Comme les conséquences du confinement lié à la COVID-19 ont été essentiellement les mêmes d’une région à l’autre, on observe sensiblement la même tendance : chute vertigineuse des ventes et des nouvelles inscriptions en avril et rebond partiel en mai.

Toutefois, certaines régions se distinguent.

Certains endroits ayant connu un rebond plus timide en mai avaient aussi subi un recul moins important en avril. Cela signifie que, si l’on considère le rebond de mai à la lumière de la chute initiale, plusieurs régions qui affichent des pourcentages moins impressionnants sont en fait bien plus près que d’autres du niveau normal d’activités. C’est le cas de la Saskatchewan, du Manitoba et du Nouveau-Brunswick. 

La situation s’améliore aussi au Québec. La province, qui a connu une baisse importante des activités en avril, a aussi eu la meilleure reprise en mai.

En revanche, les marchés de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de l’Ontario fonctionnent à un rythme beaucoup plus lent qu’à la normale. Il ne serait pas tout à fait juste de jeter tout le blâme sur la demande.

Dans certains cas (particulièrement en Ontario), des contraintes sur le plan de l’offre ralentissent la reprise des ventes. Même si certains sont prêts à acheter, ils devront parfois attendre que les nouvelles inscriptions soient de nouveau mises en vente. Après tout, on ne peut pas acheter ce qui n’est pas en vente.

Pour ce qui est des prix, l’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) est demeuré pratiquement inchangé en mai par rapport à avril, et les prix ont augmenté sur la moitié des marchés pris en compte. Cela est cohérent avec le rapport inscription/prix de vente, qui est lui aussi en hausse dans plusieurs régions par rapport au mois précédent.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, de légères baisses de prix ont été constatées en Colombie-Britannique, alors que les tendances à la baisse déjà confirmées en Alberta se sont accentuées.

Dans l’est des Prairies, où les ventes sont demeurées plus près des niveaux historiques que dans la majeure partie du pays, les tendances de prix se sont stabilisées.

Dans la région élargie du Golden Horseshoe, en Ontario où, avant la COVID-19, les prix avaient tendance à grimper rapidement, on observe une stagnation générale des prix. Cependant, la hausse semble prête à reprendre dans certains de ces marchés.

Encore plus à l’est, à Ottawa, Montréal et Moncton, les prix semblent avoir pu continuer leur montée, bien qu’à un rythme ralenti.

L’IPP MLS® global affiche toujours une hausse de 5,3 % d’une année à l’autre.

Il est vrai que le prix moyen des propriétés au pays a encaissé un coup dans les deux derniers mois. Par contre, on pourrait probablement attribuer cette baisse en grande partie au ralentissement de l’activité dans le segment supérieur du marché. En mai 2020, la part des ventes résidentielles attribuables à la Colombie-Britannique et à l’Ontario (les deux provinces où les prix sont les plus élevés, de loin) a atteint le niveau le plus bas de son histoire. Le prix moyen national devrait se rétablir à mesure que les ventes dans ces marchés reviennent à la normale.

Pour une analyse plus détaillée des statistiques nationales pour le mois de mai, visitez creastats.ca.

Directeur et économiste principal, Données sur l’habitation et analyse du marché, Shaun Cathcart fournit des renseignements sur le marché de l’habitation aux chambres, associations, membres et intervenants de l’immobilier. Il passe la majeure partie de son temps à analyser les tendances du marché canadien de l’habitation et à écrire sur le sujet. Dans ses temps libres, on peut le voir à bicyclette, au terrain de volleyball ou heureux de passer du temps avec sa famille.


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