État actuel des marchés de l’habitation canadiens – juillet 2020

Le lundi 17 août, L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a publié ses statistiques nationales sur l’habitation pour le mois de juillet. Dans ce texte, Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI, fait le point sur l’état actuel des marchés de l’habitation au Canada et explique ce que les données signifient pour les membres.


Quelle différence trois mois peuvent faire! Selon les données que l’ACI consigne depuis plus de 40 ans, jamais autant de propriétés n’ont changé de propriétaires sur le marché canadien qu’en juillet 2020.

On se souviendra que les résultats d’avril faisaient état d’un creux presque sans précédent. La situation a donc changé du tout au tout en peu de temps.

En grande partie, ce qu’on voit en ce moment, c’est la reprise des activités qui se seraient produites plus tôt cette année si la COVID-19 et les confinements stricts initiaux n’avaient pas tout bouleversé. Comme pour les faibles résultats d’avril, nous devons prendre les chiffres spectaculaires de juillet avec un grain de sel.

Cela dit, la demande comprimée n’explique pas tout. Quand on conjugue un record de ventes nationales à une faible offre, on obtient des conditions de marché fort restreintes et l’accélération des prix qui en découlent. Autrement dit, un marché en surchauffe.

Télécharger notre portrait du marché de l’habitation pour juillet 2020.

Même si beaucoup de choses ont changé cette année, le phénomène que nous observons est probablement causé en grande partie par la relance des marchés de partout au pays qui montraient des signes d’effervescence en mars. Ils ont seulement été contenus pendant quelques mois.

Certaines conjectures suggéraient que les conséquences économiques et démographiques de la COVID‑19 causeraient un gonflement de l’offre et un repli de la demande. En fait, bien malin qui pourra prédire la tournure des prochains mois.

Pour comprendre pourquoi les chiffres sont actuellement à l’opposé des projections, il faut prendre en considération toutes les inscriptions qui n’ont pas été mises sur le marché, et toutes les personnes qui n’ont pas proposé leur propriété à la vente cette année en raison de la COVID-19. L’offre n’est pas gonflée, elle est à son plus bas niveau depuis 16 ans.

Une certaine part de la demande sera-t-elle reportée ou anéantie par la COVID-19? Bien sûr! Mais en contrepartie, la pandémie pourrait inciter certaines personnes à déménager ou à modifier leurs conditions de vie. Et n’oubliez pas la demande excédentaire qui s’était développée à l’approche de 2020. Selon moi, elle existe encore en grande partie.

Je crois donc que les chiffres pourraient encore nous réserver des surprises à la hausse. Or, comme les nouvelles inscriptions ont beaucoup ralenti depuis le début de l’été, les ventes ont peut-être atteint un plafond. Ces surprises pourraient se manifester dans les prix au cours des mois à venir.

L’Indice des prix des propriétés MLS® a gagné 2,3 % en juillet par rapport à juin, et 7,4 % d’une année à l’autre. Cette hausse mensuelle était la plus importante après celle de mars 2017, et elle reflète bien un niveau de ventes record dans un contexte d’offre restreinte.

Chacun des 20 marchés compris dans l’Indice a affiché une hausse de juin à juillet. C’est la première fois depuis plus de dix ans.

Les plus fortes hausses d’un mois à l’autre, de l’ordre de 3 %, ont été enregistrées dans le Grand Toronto, à Guelph, à Ottawa et à Montréal. Cela dit, dans la plupart des marchés à l’est de la Saskatchewan, la hausse des prix témoigne de la vigueur des ventes ces derniers mois. Les marchés de la Colombie-Britannique et de l’Alberta affichent aussi une hausse de prix, mais elle est moins forte.

En somme, les résultats de juillet sont très impressionnants. Ils sont en partie attribuables à la reprise des activités qu’on aurait dû voir au printemps, mais surtout simplement au rétablissement des conditions de marché qui s’annonçaient en mars. Il semble que les ventes ralentiront en août à mesure des nouvelles inscriptions, puisqu’on ne peut pas acheter ce qui n’est pas à vendre. Les marchés étant extrêmement restreints dans bien des régions du pays, on peut s’attendre à une forte concurrence parmi les acheteurs pour les rares propriétés proposées.

On se retrouve en septembre.

Pour une analyse plus détaillée des statistiques nationales pour le mois de juillet, visitez creastats.ca.

En tant qu’économiste principal, Shaun Cathcart fournit des renseignements sur le marché de l’habitation aux chambres, associations, membres et intervenants de l’immobilier. Il passe la majeure partie de son temps à analyser les tendances du marché canadien de l’habitation et à écrire sur le sujet. Dans ses temps libres, on peut le voir à bicyclette, au terrain de volleyball ou heureux de passer du temps avec sa famille.


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