État actuel des marchés de l’habitation canadiens – septembre 2020

Le jeudi 15 octobre, L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a publié ses statistiques nationales sur l’habitation pour le mois de septembre. Dans ce texte, Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI, fait le point sur l’état actuel des marchés de l’habitation au Canada et explique ce que les données signifient pour les membres.


Nous commençons à connaître la chanson des records (en parlant des nombreux nouveaux records), mais, après correction des variations saisonnières, septembre 2020 s’est avéré un autre mois record pour les ventes de propriétés au Canada.

Les ventes n’ont augmenté que d’environ 1 % par rapport au mois d’août, ce qui signifie que, dans l’ensemble, les ventes records observées en juillet et en août ne perdent pas de leur vigueur à l’approche de l’automne. Et pour octobre, je vous le donne en mille, le marché ne semble pas ralentir!

En septembre, les ventes ont reculé légèrement à Toronto et à Montréal (bien qu’elles soient toujours très fortes par rapport aux années antérieures), tandis qu’elles ont progressé davantage dans d’autres marchés pour combler le manque à gagner. Mais, compte tenu de l’offre insuffisante sur certains marchés cette année, ces fluctuations des ventes et les hausses et baisses mensuelles des marchés peuvent simplement être le reflet des endroits où le type de propriétés recherchées par les acheteurs sont mises sur le marché (ou pas) à un moment donné.

Cela se manifeste dans les prix des propriétés. La demande ne se reflète pas seulement dans les chiffres de vente réels, mais aussi dans les ventes réelles combinées à la demande excédentaire pour ces propriétés pour lesquelles il y a de multiples offres. Plusieurs ménages sont déçus du fait que l’offre qu’ils ont présentée pour l’inscription la plus récente a été refusée, et vous pouvez être assuré qu’ils ne manqueront pas de présenter une offre lorsque lorsqu’une nouvelle propriété sera inscrite.

Comme je l’ai dit plusieurs fois (et je le répète), dans l’ensemble, ce que nous observons actuellement, est précisément le marché auquel nous nous attendions en avril, mai et juin avant la pandémie de la COVID-19. Les ventes et le resserrement des marchés frôlaient déjà les niveaux record en février, soit tout près de l’état actuel et d’un marché plus déséquilibré que jamais. Il y a eu une pause lors de la période de confinement initiale, mais ce que nous observons en ce moment est le report de l’activité du printemps à l’automne. Du moins, en partie. Cela résume l’évolution du marché depuis le printemps, c’est-à-dire un marché reporté à… maintenant.

En discutant entre autres avec des journalistes, j’ai remarqué que les chiffres élevés ne surprennent plus personne. Les gens se demandent plutôt comment il est possible que les chiffres soient aussi élevés.

Contexte défavorable habituel : récession, chômage et incertitude quant à l’avenir. D’accord! Plusieurs se demandent comment le secteur de la revente peut être aussi solide compte tenu des circonstances (c’est-à-dire, compte tenu des facteurs ci-dessus). Lorsque le seul outil à votre disposition est un marteau, tous les problèmes ressembleront à des clous.

Contexte favorable habituel : taux d’intérêt incroyablement bas, d’accord.

Contexte favorable inhabituel : soutien du gouvernement jusqu’à présent, répartition des pertes d’emploi et demande refoulée en raison du confinement. C’est vrai, mais cela ne durera pas.

Qu’y a-t-il d’autre?

Eh bien, le nombre de personnes qui entrent sur le marché à cause de la COVID-19 augmente, mais cela ne vient que contrebalancer le nombre de personnes qui ne le font pas pour la même raison. Vous pouvez vous imaginer que cela vaut tant pour la demande que l’offre et pourrait aller d’un sens ou de l’autre.

Et si nous grattons la surface, je suis sûr que nous pourrions constater plusieurs changements en ce qui a trait au type, à la taille, à l’âge et à la qualité des propriétés par rapport à l’emplacement de ces propriétés. Cela s’explique par la situation actuelle, que ce soit du côté de l’offre ou de la demande, comparativement à un monde hypothétique où il n’y aurait pas de COVID-19.

Voici peut-être le meilleur exemple de cette situation : si vous ne faites plus la navette quotidienne et vous vous rendez compte aussi que vous pourriez vraiment utiliser plus d’espace à l’intérieur et à l’extérieur, vous vous demandez si vous devriez quitter la ville et trouver une maison plus grande. Devriez-vous vendre une propriété de 200 000 $ se trouvant sur un terrain de 600 000 $ et acheter une propriété de 600 000 $ se trouvant sur un terrain de 200 000 $? Nous avons tous entendu cette question. Mais, y en a-t-il d’autres? Je lance ici une réplique d’une émission policière populaire dans les années 60 : il y a huit millions d’histoires… celle-ci n’en est qu’une parmi d’autres.

Comme toujours, je n’ai qu’une vue d’ensemble des chiffres, je ne suis pas sur le terrain. N’hésitez donc pas à me faire de ce que vous disent vos clients à la section Commentaires.

N’oubliez pas que ce ne sont pas des propriétés neuves qui sont sur le marché, mais des propriétés existantes. Le parc immobilier est immense et la plupart des propriétaires habitent le même endroit pendant des années ou des décennies. En général, ils ne déménagent peu, mais si un événement unique se produit et qu’un pourcentage (même faible) de personnes déménage tout d’un coup, alors peut-être que ces statistiques élevées sur le marché de la vente de propriétés ne sont pas si surprenantes après tout!

Un autre facteur à noter, qui est sans précédent, est la nouvelle importance que les gens accordent à leur foyer pendant cette période. Il est devenu notamment un bureau, une salle de classe pour les enfants, une salle de sport et un parc. L’espace personnel est plus important que jamais. Peut-être que l’espace dont disposaient les gens l’an dernier n’est pas celui dont ils ont besoin maintenant.

Conformément aux conditions les plus serrées jamais enregistrées, et à notre suivi quotidien des rapports prix d’inscription/prix de vente (qui sont historiquement élevés), l’IPP MLS® a augmenté de 1,3 % d’août à septembre. Il s’agit d’une augmentation d’environ 5 % depuis juin, et de plus de 10 % d’une année à l’autre.

L’ACI est heureuse d’annoncer que 18 autres marchés font partie de l’IPP MLS® depuis ce mois-ci. L’Indice mesure maintenant 39 marchés au Canada. Vous pouvez jeter un coup d’œil à la croissance des prix dans le tableau ci-dessous. Vue d’ensemble : l’offre est limitée et la demande est forte sur plusieurs marchés, les prix sont donc à la hausse.

Je vous communiquerai une mise à jour en novembre.

Indice des prix des propriétés MLS® – prix de référence

Désaisonnalisé

Variation en pourcentage

IPP MLS® composé

Septembre 
2020
Mensuelle Trimestrielle Semestrielle Annuelle Triennale Quinquennale
Région Données agrégées 636 900 $ 1,28 5,16 5,51 10,10 15,43 43,72
C.-B. Lower Mainland 981 200 $ 0,89 2,41 2,45 5,88 4,18 51,90
Grand Vancouver 1 043 300 $ 0,78 2,62 1,89 5,84 0,90 43,21
Vallée du Fraser 868 300 $ 1,14 2,88 3,08 6,02 10,23 73,09
Île de Vancouver 507 200 $ -0,36 0,16 0,88 2,11 20,32 63,05
Victoria 717 100 $ 0,13 0,84 0,57 3,26 12,20 53,95
Vallée de l’Okanagan* 527 600 $ 1,07 3,19 1,97 4,83 11,57 44,12
Alb. Calgary 412 800 $ 0,27 1,88 0,55 -0,43 -5,20 -8,28
Edmonton 321 800 $ 0,56 2,22 1,64 0,84 -3,75 -6,45
Sask. Regina 274 100 $ 1,18 4,03 5,58 4,34 -5,24 -4,18
Saskatoon 300 000 $ 0,50 3,25 4,23 4,28 0,92 -4,19
Man. Winnipeg 286 900 $ -0,25 3,23 5,76 7,10 8,88 14,35
Ont. Bancroft 305 000 $ 0,92 7,21 11,93 22,04 58,51 84,45
Barrie 549 700 $ 2,19 5,66 8,73 16,33 12,52 55,47
Région de Brantford 487 000 $ 1,73 8,40 13,97 18,97 35,79 85,68
Cambridge 599 300 $ 2,71 6,40 10,11 18,02 35,85 84,19
Grey Bruce Owen Sound 371 700 $ 2,89 7,16 10,69 17,15 48,92 76,82
Guelph 640 000 $ 1,79 8,13 8,36 15,93 30,97 68,80
Hamilton-Burlington 717 700 $ 2,24 6,70 10,32 16,05 31,87 74,01
Huron Perth 384 600 $ 2,16 8,97 10,31 18,36 49,26 73,60
Kawartha Lakes 448 500 $ 0,34 5,47 10,89 13,87 34,85 80,24
Kitchener-Waterloo 588 800 $ 0,88 4,93 8,09 14,61 35,93 82,88
Lakelands 491 600 $ 1,71 5,82 16,34 18,43 54,31 91,43
London St. Thomas 458 200 $ 2,42 8,56 11,71 19,25 59,47 105,42
Mississauga 946 800 $ 2,19 5,19 3,10 11,25 26,73 62,39
Région de Niagara 490 300 $ 1,89 6,65 8,34 15,57 32,81 96,43
North Bay 269 900 $ 1,99 7,96 12,23 18,02 21,81 33,54
Northumberland Hills 495 700 $ 4,35 9,67 13,50 13,50 26,18 84,73
Oakville-Milton 1 144 800 $ 1,46 3,96 3,53 11,72 17,83 53,41
Ottawa 528 400 $ 2,53 7,98 11,14 21,98 43,28 56,25
Peterborough et les Kawarthas 484 200 $ 2,78 8,61 10,79 14,42 36,35 82,97
Quinte District 393 500 $ 2,51 11,61 15,50 20,90 47,16 92,14
Simcoe District 425 100 $ 0,96 8,66 11,69 18,18 47,51 95,54
Southern Georgian Bay 473 000 $ 4,69 8,02 12,61 14,38 33,16 83,30
Tillsonburg District 389 400 $ 2,15 9,29 10,94 18,10 56,37 98,23
Grand Toronto 899 500 $ 1,10 4,92 4,70 11,44 19,50 58,54
Woodstock-Ingersoll 446 200 $ 3,71 9,36 14,80 22,68 57,21 105,32
Qc Montréal (RMR) 411 600 $ 1,19 4,97 7,02 15,30 31,42 41,16
Québec (RMR) 261 300 $ 0,61 2,87 4,12 4,23 8,24 8,30
N.-B. Gand Moncton 216 400 $ 1,62 4,67 8,30 13,38 23,91 36,08
T.-N.-L. Terre-Neuve 274 000 $ 0,89 2,19 1,56 2,38 -4,02 -3,20
St. John’s 263 900 $ 0,16 2,01 1,30 1,30 -6,72 -8,27

En tant qu’économiste principal, Shaun Cathcart fournit des renseignements sur le marché de l’habitation aux chambres, associations, membres et intervenants de l’immobilier. Il passe la majeure partie de son temps à analyser les tendances du marché canadien de l’habitation et à écrire sur le sujet. Dans ses temps libres, on peut le voir à bicyclette, au terrain de volleyball ou heureux de passer du temps avec sa famille.


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