L’année 2020 sera-t-elle une année record pour les ventes résidentielles effectuées par l’entremise des systèmes MLS® canadiens?

Le lundi 16 novembre, L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a publié ses statistiques nationales sur l’habitation pour le mois d’octobre. Dans ce texte, Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI, fait le point sur l’état actuel des marchés de l’habitation au Canada et explique ce que les données signifient pour les membres.


Ceux qui attendent que le marché de l’habitation canadien se calme après la relance étonnamment vigoureuse de l’été devraient patienter encore un peu.

Tout au long de ma carrière, j’ai entendu des rumeurs, grandement exagérées par certains analystes, sur le déclin du marché immobilier canadien. Je crois que certains misent toujours sur des prévisions pessimistes qui datent de plus de dix ans! Toutefois, je n’aurais jamais imaginé que le marché soit aussi vigoureux, certainement pas en avril. Et j’avoue qu’il ne faut pas une boule de cristal pour formuler une prévision annuelle, alors que nous sommes à la mi-novembre. Cela dit, voilà où nous en sommes.

Octobre a été un mois record pour les ventes résidentielles à l’échelle nationale, avec une marge de plus de 14 000 transactions – c’est énorme. Septembre a aussi été un mois record de ventes, avec quelque 20 000 transactions de plus, soit l’équivalent d’un mois de septembre habituel auquel s’ajoute un mois de décembre complet. Pour la période de juillet et août, plus de 122 000 propriétés ont changé de mains par l’entremise des systèmes MLS® canadiens. L’été record précédent s’établissait à environ 96 000 ventes.

Au fil des derniers mois, alors que des données exceptionnelles faisaient les manchettes, les ventes cumulatives ont non seulement rattrapé celles de l’an dernier, ce qui est déjà surprenant, mais à l’heure actuelle, elles sont en voie d’établir un record annuel. Ce que nous voyons maintenant est objectivement supérieur à ce qui aurait été nécessaire pour compenser le ralentissement du marché immobilier au printemps dernier.

Jusqu’à maintenant, quelque 461 818 propriétés ont changé de main sur les systèmes MLS® canadiens, soit une hausse de 8,6 % comparativement aux dix premiers mois de 2019. En fait, c’est le deuxième résultat en importance pour le nombre de ventes de janvier à octobre, derrière celui de 2016, qui ne compte que 14 000 ventes de plus. Cet écart pourrait être comblé d’ici la fin de l’année si novembre et décembre sont aussi performants que les quatre derniers mois.

Le facteur décisif sera l’offre, particulièrement à l’échelle locale. En effet, les conditions du marché n’ayant jamais été aussi serrées, la demande n’est pas mesurée par le nombre de propriétés qui changent de main dans notre base de données, mais plutôt par un chiffre plus significatif, à savoir le nombre de personnes ou de ménages qui essaient d’acheter une propriété en ce moment.

Nous n’avons pas de base de données pour le mesurer, mais nous pouvons dire avec certitude qu’ils sont nombreux, et que la demande ne peut pas jouer du côté des ventes, car la rareté des inscriptions continue de se manifester du côté des prix (voir le tableau ci-dessous, particulièrement les marchés de l’Ontario plus éloignés de la région du Grand Toronto). Les nombreux courtiers et agents immobiliers qui ont dû composer avec des situations d’offres multiples cette année pourront certainement en témoigner.

Les chiffres de cette année sont certainement surprenants, alors que bien des moteurs habituels du marché, notamment la croissance économique, l’emploi, l’immigration et la confiance, sont actuellement au ralenti. Il y a lieu de s’interroger sur le nombre de ménages qui vont choisir de déménager en raison de la COVID-19 et des changements qui vont en découler, puisque cela influence le marché de l’habitation actuel. Bon nombre de ces déménagements ou cette ébullition du marché n’auraient peut-être pas eu lieu dans un monde sans COVID-19. Et, contrairement à de nombreux acheteurs d’une première maison qui doivent composer avec la hausse des prix et la simulation de crise pour les prêts hypothécaires, beaucoup des propriétaires actuels qui se jettent dans cette mêlée ont probablement des capitaux propres considérables, particulièrement s’ils quittent les grands centres.

Quelle année étrange! Je vous communiquerai une mise à jour en décembre.

Indice des prix des propriétés MLS® – prix de référence

Désaisonnalisé

Variation en pourcentage

IPP MLS® composé

Octobre 
2020
Mensuelle Trimestrielle Semestrielle Annuelle Triennale Quinquennale
Région Données agrégées 643 400 $ 0,99 3,86 7,04 10,66 16,36 44,38
C.-B. Lower Mainland 987 400 $ 0,66 2,36 3,28 6,09 3,48 49,59
Grand Vancouver 1 049 400 $ 0,63 2,49 2,88 5,93 0,48 40,85
Vallée du Fraser 875 100 $ 0,84 2,90 3,94 6,42 9,41 71,08
Île de Vancouver 515 300 $ 1,39 -0,35 2,29 4,04 20,96 65,33
Victoria 721 200 $ 0,44 0,26 1,28 3,43 12,62 53,38
Vallée de l’Okanagan* 543 000 $ 2,57 5,43 6,84 7,41 14,04 47,69
Alb. Calgary 417 900 $ 0,38 1,91 2,25 1,09 -3,77 -6,85
Edmonton 322 500 $ 0,28 1,81 2,86 1,41 -3,43 -6,25
Sask. Regina 277 600 $ 1,09 3,68 6,40 7,49 -3,72 -2,71
Saskatoon 299 000 $ -0,23 1,25 3,60 4,14 1,06 -4,16
Man. Winnipeg 291 400 $ 1,39 3,26 7,03 8,53 9,52 16,02
Ont. Bancroft 307 300 $ 0,48 1,85 12,68 17,70 59,91 87,63
Barrie 562 500 $ 1,94 6,95 10,40 17,78 17,01 57,60
Région de Brantford 491 300 $ 0,85 5,56 14,65 18,78 39,96 85,72
Cambridge 606 600 $ 1,13 5,70 13,14 18,31 37,21 84,12
Grey Bruce Owen Sound 383 700 $ 3,15 9,04 13,96 19,63 54,16 83,16
Guelph 653 300 $ 1,80 7,11 10,94 16,23 33,76 72,65
Hamilton-Burlington 725 900 $ 1,14 5,95 11,39 16,26 32,60 74,26
Huron Perth 404 200 $ 1,04 10,01 17,43 21,46 55,45 83,66
Kawartha Lakes 473 800 $ 5,25 10,59 18,88 22,18 42,47 87,01
Kitchener-Waterloo 600 100 $ 1,71 4,90 14,60 15,91 37,65 86,15
Lakelands 510 600 $ 3,52 10,58 24,09 23,43 54,21 92,32
London St. Thomas 465 800 $ 1,60 6,78 14,02 20,20 59,56 110,65
Mississauga 954 100 $ 0,76 3,36 8,15 12,05 28,13 64,51
Région de Niagara 500 600 $ 1,99 6,67 10,20 17,96 35,35 98,75
North Bay 271 700 $ 0,74 5,58 12,21 17,37 22,88 33,43
Northumberland Hills 498 500 $ 0,59 8,13 13,66 13,91 27,86 82,78
Oakville-Milton 1 144 600 $ 0,10 3,28 5,32 10,86 18,40 52,97
Ottawa 535 900 $ 1,43 6,49 12,03 22,43 44,16 58,58
Peterborough et les Kawarthas 494 500 $ 2,00 8,42 12,16 16,27 38,87 86,18
Quinte District 405 100 $ 2,71 10,92 17,97 24,23 47,35 92,15
Simcoe District 431 700 $ 1,12 7,31 11,45 17,47 41,72 105,91
Southern Georgian Bay 497 600 $ 5,10 11,91 15,23 19,66 38,33 96,77
Tillsonburg District 405 500 $ 3,70 8,93 16,37 23,00 60,96 106,15
Grand Toronto 898 900 $ 0,14 2,37 4,40 10,49 19,76 57,42
Woodstock-Ingersoll 458 500 $ 2,66 10,01 17,38 26,77 59,53 109,46
Qc Montréal (RMR) 417 100 $ 1,27 4,14 8,59 15,44 31,85 42,83
Québec (RMR) 261 900 $ 0,05 1,44 5,45 6,01 8,46 7,69
N.-B. Gand Moncton 220 400 $ 1,54 5,18 9,03 14,29 25,73 36,81
T.-N.-L. Terre-Neuve 278 700 $ 1,34 4,39 3,45 4,14 -2,58 -1,57
St. John’s 268 800 $ 1,60 4,43 3,58 3,08 -4,12 -6,42

En tant qu’économiste principal, Shaun Cathcart fournit des renseignements sur le marché de l’habitation aux chambres, associations, membres et intervenants de l’immobilier. Il passe la majeure partie de son temps à analyser les tendances du marché canadien de l’habitation et à écrire sur le sujet. Dans ses temps libres, on peut le voir à bicyclette, au terrain de volleyball ou heureux de passer du temps avec sa famille.


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