Le climat trouble que suscitent les cours pétroliers

Le printemps dernier, le secteur pétrolier de l’Alberta soutenait la croissance économique du Canada. Le prix du baril de pétrole est environ la moitié de ce qu’il était à ce moment-là. La récente baisse des prix fera pencher la croissance économique du côté des autres secteurs industriels.

D’après certains économistes et analystes du secteur pétrolier, les prix du pétrole atteindront bientôt le creux de la vague et reprendront au cours du deuxième semestre de 2015. D’autres n’en sont pas convaincus. En réalité, personne ne sait au juste jusqu’à quel point les prix baisseront et combien longtemps il leur faudra pour s’élever au-dessus de 90 $ (le point où ils se situaient de juillet 2012 à octobre 2014).

Les bas prix du pétrole et le climat d’incertitude qu’ils créent risquent d’influer sur bon nombre d’indicateurs économiques. Les effets sont parfois positifs, parfois négatifs, ou ils peuvent même s’avérer à la fois positifs et négatifs.

  1. Croissance économique : Les sociétés pétrolières prévoient réduire leurs investissements dans le secteur pétrolier canadien cette année, et cela est une mauvaise nouvelle pour la croissance économique du pays. Par contre, les bas prix de l’essence est une bonne nouvelle pour les consommateurs américains, ainsi que pour l’exportation de biens produits au Canada, comme les voitures; cela est également une bonne nouvelle pour la croissance économique du Canada. Dans l’ensemble, la Banque du Canada prévoit que les bas prix du pétrole feront ralentir la croissance économique du pays cette année.
  2. Inflation : Les bas prix de l’essence mènent à un faible taux d’inflation : une bonne nouvelle pour les consommateurs. Cela étant dit, un faible taux d’inflation pèsera sur la croissance des salaires, qui est déjà modérée. Cela est une bonne nouvelle pour les employeurs, mais une mauvaise nouvelle pour les employés.
  3. Taux d’intérêt : Un bas taux d’inflation signifie que la Banque du Canada ne s’empressera pas d’augmenter son taux cible du financement à un jour. Cela est une bonne nouvelle pour toute personne qui demande un prêt hypothécaire à taux variable ou toute personne à qui un tel prêt a été consenti.
  4. Confiance des consommateurs : Le plein d’essence à bon marché est une bonne nouvelle pour renouveler la confiance des consommateurs. Cependant, les bas prix du pétrole atténueront la croissance de l’emploi dans les provinces où l’économie est reliée au champ de pétrole qui à son tour, est une mauvaise nouvelle pour la confiance des consommateurs.

Peu importe que les prix du pétrole baissent davantage, qu’ils restent bas avant de reprendre ou qu’ils mettent plus de temps à remonter la pente qu’on ne le prévoit à l’heure actuelle, une chose est certaine : l’incertitude au sujet des prix du pétrole pèsera sans doute davantage sur l’économie des provinces qui bénéficiaient d’un secteur énergétique vigoureux. Malgré cela, on s’attend à ce que les bas prix du pétrole fassent ralentir la croissance économique dans ces provinces – mais on ne croit pas qu’ils feront inverser la tendance. Cela est une bonne nouvelle pour les acheteurs de maison dans un marché favorable au propriétaire-vendeur, qui est sur le point de reprendre l’équilibre. Par contre, c’est une mauvaise nouvelle pour les acheteurs qui s’attendent à une correction importante et durable des prix des propriétés, surtout s’il s’agit de maisons dont les prix sont déjà à la portée de plusieurs acheteurs.

 

Ancien économiste en chef, Gregory Klump fournissait ses points de vue sur l’état et les perspectives des marchés de l’habitation canadiens aux médias, aux décideurs politiques et aux intervenants du secteur immobilier. En 2017, Greg a célébré son 25e anniversaire en tant que membre de l’équipe de l’ACI. Avide skieur et planchiste en hiver, il est un passionné de l’entraînement en parcours (CrossFit) à l’année.


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