Les économistes ne mangent-ils et ne conduisent-ils pas?

Qu’est-ce qui se passe lorsque les prix augmentent plus rapidement que votre salaire net? Si la situation dure trop longtemps ou que les prix montent en flèche (l’inflation), les besoins fondamentaux de la vie deviennent parfois inabordables.

Par ailleurs, qu’arrive-t-il lorsque les prix baissent et qu’on s’attend à ce qu’ils continuent de baisser? Les gens reportent l’achat d’articles s’ils croient que plus ils attendent, plus ces derniers se vendront meilleur marché; cela déclenche un cycle autoperpétué qui fait baisser les prix (déflation). Si la situation dure trop longtemps ou mène à des prix défiant toute concurrence, cela risque de provoquer une récession et une perte massive d’emplois.

L’importance des tendances des prix fait de l’inflation (ou de la déflation) un des indicateurs économiques les plus importants de la planète. L’inflation revêt une importance particulière pour la Banque du Canada, qui fixe son taux cible de financement à un jour en se basant sur une cible d’inflation de deux pour cent (le point milieu de sa cible d’inflation se situe entre un et trois pour cent). Pour maintenir l’inflation au taux cible, la Banque augmente les taux d’intérêt dans le but de faire baisser le taux d’inflation (ou baisse les taux d’intérêt afin de soutenir les prix pour lutter contre la déflation).

Toutefois, les prix de certains articles dont on tient compte dans le calcul global de l’inflation peuvent fluctuer considérablement d’un mois à l’autre. Par conséquent, il est parfois difficile de suivre l’évolution générale de l’inflation. Dans la pratique, la Banque ne peut compter uniquement sur le taux d’inflation global pour établir les taux d’intérêt dans le but de déterminer son taux cible d’inflation.

Pour mieux cerner la tendance sous-jacente de l’inflation, la Banque surveille l’inflation « de base ». Ce taux de base exclut huit composantes dont les prix sont reconnus pour leur instabilité, entre autres les produits alimentaires et énergétiques.

La Banque suit de près le taux d’inflation de base afin d’être en mesure d’atteindre sa cible d’inflation globale, et non pas pour la remplacer. Gardez ceci à l’esprit lorsque vous entendrez dire que, selon la Banque, l’inflation est bien maîtrisée et ce, malgré le coût élevé des produits d’épicerie et d’un plein d’essence.

Oui, les économistes de la Banque du Canada mangent et conduisent. C’est simplement qu’ils ne prennent pas ces éléments en considération lorsqu’ils mesurent la tendance sous-jacente de l’inflation et où elle s’en va. En ce moment, la Banque est à l’aise avec la tendance de l’inflation et elle n’est pas pressée de relever les taux d’intérêt de sitôt.

 

Ancien économiste en chef, Gregory Klump fournissait ses points de vue sur l’état et les perspectives des marchés de l’habitation canadiens aux médias, aux décideurs politiques et aux intervenants du secteur immobilier. En 2017, Greg a célébré son 25e anniversaire en tant que membre de l’équipe de l’ACI. Avide skieur et planchiste en hiver, il est un passionné de l’entraînement en parcours (CrossFit) à l’année.


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