Les taux d’intérêt : Plus ça change, plus c’est pareil

Au début de 2013, j’écrivais dans mon premier article de blogue que les taux d’intérêt n’allaient nulle part. Plus ça change, plus c’est pareil.

En fait, la Banque du Canada a abaissé son taux cible de financement à un jour deux fois cette année, dans le but de soutenir la croissance économique du pays, à la suite d’une chute importante des prix du pétrole. Lorsque la Banque a publié ses dernières prévisions économiques en octobre 2015, et annoncé en décembre que les taux d’intérêt demeureraient inchangés, elle a fourni des indices importants quant à savoir pourquoi elle n’augmenterait pas les taux d’intérêt de sitôt :

  1. La Banque a souligné qu’il faudra du temps pour que l’économie canadienne s’adapte à la baisse des prix du pétrole. En augmentant les taux d’intérêt, elle ferait ralentir la croissance économique, à un moment où l’économie lutte pour gagner de la vitesse. Cela nuirait à la reprise économique en cours.
  2. La tendance de l’inflation reste toujours près du bas de la fourchette cible de la Banque, à 2 % (à 1 % près). De plus, son Enquête sur les perspectives des entreprises publiée en octobre 2015 indique que la grande majorité des entreprises s’attend à ce que l’inflation demeure dans sa fourchette cible au cours des deux prochaines années. Qui plus est, la plupart des entreprises prévoient que le taux d’inflation se maintiendra près du bas du taux cible de la Banque. Étant donné le bas taux d’inflation et les attentes d’inflation fermement ancrées, la Banque ne voit pas la nécessité d’augmenter les taux d’intérêt pour maîtriser l’inflation.
  3. La Banque compte stimuler les exportations canadiennes. Si elle augmentait les taux d’intérêt en ce moment, le dollar canadien gagnerait en valeur, ce qui risquerait d’affaiblir les exportations plutôt que de les renforcer. Ce n’est pas tout à fait ce à quoi vise la Banque.

Un autre facteur dont il faut tenir compte concerne la reconduction de la cible de maîtrise de l’inflation en 2016. En augmentant sa fourchette cible, la Banque du Canada enverrait un signal qu’un taux d’inflation plus élevé ne pose pas problème; autrement dit, les taux d’intérêt demeureront inchangés plus longtemps que prévu. En abaissant la fourchette cible, la Banque démontre qu’elle est disposée à augmenter les taux d’intérêt plus tôt que prévu, ce qui stimulerait le dollar canadien et risquerait d’affaiblir les exportations (voir le point 3 ci-dessus expliquant pourquoi il est peu probable que la Banque en décide ainsi). Et qu’arrive-t-il si la fourchette cible demeure inchangée? C’est le statu quo, et les taux d’intérêt font du sur place pendant un certain temps, pour les raisons susmentionnées.

Au moment de la rédaction, selon les économistes des banques canadiennes sous réglementation fédérale, les taux d’intérêt de la Banque du Canada demeureront inchangés jusqu’en 2017. Évidemment, ces points de vue peuvent changer d’ici là. Cela étant dit, depuis quelques années, le délai fixé pour déterminer quand les taux d’intérêt commenceront à augmenter a été repoussé à maintes reprises. Entre temps, les taux d’intérêt demeureront faibles plus longtemps, et cela est une bonne nouvelle pour les acheteurs de maison.

Ancien économiste en chef, Gregory Klump fournissait ses points de vue sur l’état et les perspectives des marchés de l’habitation canadiens aux médias, aux décideurs politiques et aux intervenants du secteur immobilier. En 2017, Greg a célébré son 25e anniversaire en tant que membre de l’équipe de l’ACI. Avide skieur et planchiste en hiver, il est un passionné de l’entraînement en parcours (CrossFit) à l’année.


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