Marché de l’habitation : entre l’avant-pandémie et le sommet de mars

Le lundi 16 août, L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a publié ses statistiques nationales sur le logement pour le mois de juillet. Shaun Cathcart, directeur et économiste principal, Données sur l’habitation et analyse du marché à l’ACI, fait le point sur l’état des marchés de l’habitation au Canada et explique ce que les données signifient pour les membres.

Les résultats de juillet indiquent un ralentissement des ventes pour le quatrième mois consécutif depuis le sommet historique (et insoutenable) de mars. Aucune surprise de ce côté.

Cela dit, il s’agit aussi de la moins importante de ces baisses. Le volume d’activité pourrait donc commencer à se stabiliser. Mais il reste nettement supérieur aux normes historiques – environ 15 % au-dessus de la moyenne mensuelle sur 10 ans en juillet. De plus, il s’est vendu plus de propriétés en juillet cette année que toute autre année sauf une. En gros, le marché se situe actuellement entre les niveaux prépandémiques et les sommets du printemps.

Mais voici le vrai problème : nous nous concentrons trop sur les fluctuations du marché. L’important n’est pas que le marché « revient à la normale » depuis quelques mois, mais qu’on continue d’observer un nombre de ventes historique alors que l’offre est au plus bas.

Faute d’une offre suffisante, l’accès à la propriété est hors de portée pour des millions de Canadiens. Une approche pancanadienne holistique permettrait de s’attaquer aux problèmes de l’offre dans tout l’éventail du logement. En savoir plus sur nos #VRAIESIdées.

Creux historique des inscriptions actives

Le 1er août, les inscriptions actives désaisonnalisées ont atteint un creux record de 110 000. Il y a six ans, on en comptait plus de 250 000, alors que la demande était beaucoup plus faible. C’est pourquoi, au lieu de suivre l’inflation, les prix ont augmenté de 25 % d’une année à l’autre. Nous sommes dans une toute nouvelle réalité, et le marché équilibré est loin derrière nous.

Même si les prix continuent de grimper d’une année à l’autre presque partout au Canada, on constate un ralentissement d’un mois à l’autre, à mesure que la frénésie du début d’année retombe. Par contre, les données actuelles sur l’offre et la demande suggèrent que cette stabilisation sera de courte durée. Même si nous ne retrouverons probablement pas les prix de janvier, il y avait déjà plusieurs indices de reprise haussière en juin. Plusieurs autres sont apparus au mois de juillet, surtout en Ontario.

Le « milieu manquant »

Les prix continuent de monter parce qu’il y a encore un déséquilibre entre l’offre et la demande. La pandémie aura au moins attiré l’attention sur ce problème. Presque tout le monde est d’accord : l’offre est insuffisante. Et maintenant que les élections ont été déclenchées, on commence à se pencher sur des solutions.

Le problème est pourtant simple. La population augmente à une vitesse record et vieillit en même temps : il faut que l’offre de logements suive le rythme. Car les gens doivent bien habiter quelque part.

Plus facile à dire qu’à faire cependant : on parle encore de « milieu manquant » alors qu’on a reconnu la nécessité des logements à densité moyenne il y a dix ans.

Directeur et économiste principal, Données sur l’habitation et analyse du marché, Shaun Cathcart fournit des renseignements sur le marché de l’habitation aux chambres, associations, membres et intervenants de l’immobilier. Il passe la majeure partie de son temps à analyser les tendances du marché canadien de l’habitation et à écrire sur le sujet. Dans ses temps libres, on peut le voir à bicyclette, au terrain de volleyball ou heureux de passer du temps avec sa famille.


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