Un mot sur le ratio d’endettement des ménages canadiens

Je suis certain qu’à présent vous avez déjà entendu dire que le ratio de la dette au revenu des ménages a atteint les mêmes niveaux records qu’on avait enregistré aux États-Unis avant l’effondrement du marché de l’habitation. Mais attention.

À titre de rappel, le rapprochement entre le ratio de la dette au revenu des ménages canadiens et américains n’était apparent que vers la fin de 2012. Cela s’explique par le fait qu’avant cela, même si les statistiques du Canada étaient toujours élevées, elles semblaient beaucoup plus raisonnables par comparaison. Alors quelle est la cause de ce saut important du ratio au Canada à la fin de 2012?

En deux mots, Statistique Canada a révisé sa méthodologie en raison des nouvelles normes internationales. Pour en savoir davantage, cliquer sur les liens ici et ici.

Pour plusieurs raisons, il est toujours difficile d’obtenir des comparaisons parfaites entre les mesures canadiennes et américaines; notre objectif, cependant, est d’attirer l’attention sur le fait que, depuis la révision effectuée en fin de 2012, une telle comparaison n’est plus possible. Non seulement les reportages pessimistes publiés dans les médias s’appuient-ils ni plus ni moins sur une nouvelle méthode de calcul, mais ils sont encore moins valables qu’ils ne l’étaient auparavant!

Les États-Unis réviseront également leurs données en 2014, et cela entraînera vraisemblablement une augmentation du ratio de la dette au revenu des ménages. Les statistiques canadiennes sembleront à nouveau raisonnables par comparaison. Dans l’intervalle, Statistique Canada a tenté de faire cette réconciliation entre les statistiques canadiennes et américaines.

Cela étant dit, il n’en demeure pas moins que le ratio de la dette au revenu des ménages canadiens se situe toujours près des niveaux records, mais cela n’est pas nouveau, puisqu’il est sensiblement au même point depuis plus d’un an déjà.

Des mesures comme celles-ci ne retournent pas à leurs moyennes à long terme du jour au lendemain. Le changement s’opère lentement, et les décideurs en sont conscients. Ils souhaitent depuis un certain temps que le ratio de la dette au revenu se stabilise aux niveaux actuels, après une forte croissance constatée depuis plus d’une décennie, et c’est exactement ce qui se produit.

En fait, il a baissé au cours de deux trimestres d’affilée. Ce n’est que la deuxième fois de toute l’histoire de la collecte des données, depuis 1990, que cela se produit, et la croissance annuelle a maintenant atteint le plus bas niveau depuis une décennie. Cela est un aspect auquel s’intéresse la Banque du Canada lorsqu’elle parle de « l’évolution des déséquilibres touchant le secteur des ménages ».

De plus, le ratio de la dette au revenu des ménages n’est pas la seule mesure qui devrait nous intéresser lorsque nous tentons d’évaluer la santé financière des Canadiens. Il s’agit, de toute évidence, des taux d’intérêt historiquement bas. Par conséquent, non seulement devons-nous examiner le niveau d’endettement des Canadiens, mais également leur capacité de rembourser leurs dettes.

Quoiqu’on le voie rarement par écrit, l’endettement actuel des ménages canadiens se maintient à un niveau étonnamment abordable. Regardez le ratio du service de la dette sur le site de Statistique Canada, surtout la composante hypothécaire (données accessibles ici). À l’heure actuelle, il se situe à un bas niveau historique, ce qui porte à croire que la majorité des emprunteurs seront éventuellement en mesure d’absorber des taux d’intérêt plus élevés.

Il n’y a pas de doute que les Canadiens ont augmenté leurs emprunts à mesure que les taux d’intérêt baissaient; cependant, les ménages réussissent à bien gérer leurs dettes aujourd’hui. À moins d’un choc défavorable, tel qu’une forte augmentation des taux d’intérêt ou une montée en flèche du taux de chômage, il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que la situation soit très différente à court terme.

Par contre, il semble que le message passe, puisque les Canadiens n’empruntent pas tellement dans un contexte de bas taux d’intérêt. Étant donné que la Banque du Canada n’annoncera probablement pas sa première augmentation d’ici au moins un an, le ratio de la dette au revenu des ménages diminue déjà et le prix des maisons suit le rythme de l’inflation.

Directeur et économiste principal, Données sur l’habitation et analyse du marché, Shaun Cathcart fournit des renseignements sur le marché de l’habitation aux chambres, associations, membres et intervenants de l’immobilier. Il passe la majeure partie de son temps à analyser les tendances du marché canadien de l’habitation et à écrire sur le sujet. Dans ses temps libres, on peut le voir à bicyclette, au terrain de volleyball ou heureux de passer du temps avec sa famille.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.