Un nouveau regard sur l’écologisation du marché immobilier canadien

La dernière année a été tumultueuse pour les membres de l’ACI, la pandémie monopolisant l’attention. Face à la crise sanitaire mondiale, de nombreux enjeux, notamment l’énergie et l’environnement, ont été relégués au second rang.

Maintenant que l’économie reprend et que le marché de l’immobilier est en plein essor, les initiatives vertes du gouvernement et du secteur privé reviennent à l’avant-plan.

À l’approche du Jour de la Terre, le 22 avril, c’est le bon moment d’aller vérifier si les membres de l’ACI et les constructeurs sont prêts à composer avec les effets de l’« écologisation » du secteur de l’immobilier. Ou si, au contraire, ils n’ont rien vu venir, trop occupés à gérer la pandémie qui sévit toujours.

Il faut se tourner à la fois vers le passé et vers l’avenir pour savoir à quoi ressemblera l’écologisation de l’immobilier et comment elle influencera le marché, en particulier les nouvelles constructions.

« Avec des discours comme ceux de l’économiste Mark Carney et de Bill Gates, ainsi que les réactions de tous les marchés financiers mondiaux face à la crise climatique et aux technologies propres, les intervenants à tous les niveaux du secteur immobilier sont plus conscients que jamais que les changements climatiques et l’efficacité énergétique font partie de l’avenir du marché immobilier », déclare Chris Chopik, un agent de Toronto et un expert des questions entourant l’immobilier et l’environnement.

Chris Chopik explique comment mettre en valeur les propriétés écoénergétiques d’une propriété et réduire sa propre empreinte environnementale sur notre balado, REAL TIME.

Les marchés immobiliers explosent partout au pays, alors que les acheteurs espèrent profiter des faibles taux d’intérêt et que les propriétaires-vendeurs souhaitent tirer parti des prix élevés.

Les marchés immobiliers explosent partout au pays, alors que les acheteurs espèrent profiter des faibles taux d’intérêt et que les vendeurs souhaitent tirer parti des prix élevés.

Qui dit écologique dit écoénergétique

Pour Chris Chopik, la conception d’habitations qui tient compte des effets environnementaux et de la performance énergétique se compare au design avant-gardiste de véhicules haute performance, tels que les modèles Tesla. Tous deux attirent généralement un acheteur bien informé et très exigeant en matière de qualité, de style, de durabilité et même de rendement potentiel.

Toutefois, il reste des obstacles importants à la commercialisation de ces résidences à haute efficacité par les membres de l’ACI, souligne Chris Chopik en entrevue (en anglais).

« Il y a certainement un manque de connaissances chez les professionnels de l’immobilier; ils doivent comprendre ce qu’ils vendent, comment l’expliquer et comment bien le commercialiser », insiste-t-il, notant qu’il y a une résistance chez certaines personnes dans le secteur concernant la valeur à accorder à la performance énergétique.

Il soupçonne également qu’il existe un gouffre générationnel entre les courtiers ou agents plus jeunes et les plus âgés.

« Certains courtiers et agents sont coincés dans de vieilles croyances, tandis que ceux de la génération Y voient la protection des ressources énergétiques et de l’environnement comme une proposition de valeur essentielle », estime-t-il.

Que les changements climatiques soient présentés comme une croyance ou une réalité, ils continuent d’influencer le marché.

« Statistiquement, 45 % des acheteurs d’aujourd’hui sont de la génération Y, et même s’ils utilisent l’argent de maman et papa, ils prennent leurs propres décisions d’achat et se soucient des changements climatiques, souligne l’agent. Mais il reste encore de ce que j’appelle des dinosaures de l’immobilier, qui jugent que ce fait n’a pas d’importance. Eh bien, ceux-là ratent une occasion d’aller chercher ces acheteurs. »

La demande pour des options écoénergétiques gagne en popularité à mesure que les choix écologiques, qui étaient auparavant considérés comme un marché de niche, passent au premier plan.

De plus en plus, les gens recherchent le confort, une propriété efficace sur le plan énergétique et un accès à la nature, constate M. Chopik. Il prévoit que les gouvernements créeront de nouvelles politiques qui contribueront à augmenter l’intérêt pour la construction et l’achat de maisons écoénergétiques.

« L’avenir de l’immobilier, c’est offrir une qualité de vie », conclut-il.

Surfer sur la nouvelle vague verte

Comment les membres de l’ACI peuvent-ils être à l’avant-garde de ces changements potentiellement majeurs? D’abord, en s’instruisant.

« Si vous avez des panneaux solaires sur votre toit et que je vends votre maison, en tant qu’agent, c’est à moi de savoir comment vendre cet aspect de la propriété, explique M. Chopik. Il faut apprendre à bien présenter le produit, en commençant par écouter ce que veulent les clients et savoir mettre en valeur leur bien. »

Chris Chopik recommande d’explorer ces trois ressources :

Qu’est-ce qu’une propriété écoénergétique?

La définition varie selon son cadre de référence, ses valeurs et ses croyances, déclare Chris Weissfog, constructeur pour EcoEnergy, une firme d’experts en solutions écoénergétiques de Kempville, en Ontario.

On connaît déjà les programmes d’évaluation du rendement énergétique et de certification comme Energy Star, R-2000, Énergie Net Zéro et Passive House. Pour en savoir plus, consultez le document L’efficacité énergétique : Guide du propriétaire de l’ACI.

Une « maison passive » assure à la fois un rendement énergétique et un confort remarquables. Ses principales caractéristiques sont une très faible consommation d’énergie, une excellente qualité de l’air avec une ventilation de haute qualité qui réduit également les odeurs, une protection contre les bruits extérieurs et un confort thermique sans égal. Elle permet au propriétaire de faire des économies à long terme, ainsi que de réduire, parfois jusqu’à zéro, ses émissions de carbone.

Les promoteurs immobiliers et les constructeurs ont de multiples solutions à leur portée pour accroître l’efficacité énergétique d’une propriété. D’après certains observateurs, à l’image des voitures, l’avenir est au tout-électrique.

Selon Chris Weissflog, les propriétés entièrement électriques ne nécessitent qu’un seul fournisseur, ce qui permet d’économiser les coûts de livraison des autres sources d’énergie, comme le gaz naturel.

Avec une maison entièrement électrique extrêmement efficace, on peut recourir à un système solaire électrique photovoltaïque (PV) relié au réseau pour compenser les besoins énergétiques de la demeure et des véhicules électriques (VE) d’une famille, à moindre coût.

« Un système énergétique qui émet des émissions de carbone revient en fait plus cher », insiste-t-il.

Comment peuvent collaborer les constructeurs et les membres de l’ACI pour promouvoir les maisons écoénergétiques?

En tant que conseillers en immobilier, les membres de l’ACI devraient s’informer sur les nombreuses possibilités en matière de construction écologique, suggère M. Weissflog. Vérifiez ce qui distingue l’offre d’un constructeur :

  • Fonctionne-t-il selon une formule et arrive-t-il à jumeler réduction des coûts et performance?
  • Est-il spécialisé dans la construction à grande échelle ou plus personnalisée?
  • Utilise-t-il des matériaux aux caractéristiques écologiques?
  • Quel niveau de qualité de l’air intérieur peut-il promettre?

M. Weissflog suggère aux membres de l’ACI de se renseigner sur l’offre de maisons passives dans leur marché et de contacter les spécialistes dans leur province. Le site Passive Buildings Canada (PBC) est un bon point de départ. Les courtiers et agents pourront dénicher parmi ses membres un expert, le contacter, poser des questions et découvrir ce qui se passe dans sa région. 

« Nous organisons souvent des visites libres, car nous sommes fiers de ce que nous faisons et nous aimons faire découvrir aux gens ce qu’il est techniquement possible de faire », mentionne M. Weissflog.

À quoi ressemblera le marché immobilier de demain?

Les thermopompes deviendront très importantes, surtout les nouveaux modèles que l’on conçoit maintenant pour les climats froids et qui représentent possiblement la principale technologie pour procurer un chauffage résidentiel carboneutre, pense M. Weissflog.

Selon William Murray, de Construction Rocket en Estrie, l’écologisation des propriétés au Canada est imminente et sera bientôt intégrée au code national du bâtiment.

« C’est difficile de dire exactement quand, mais je pense qu’il y a un réel effort pour le faire le plus tôt possible, croit M. Murray. Tout le monde devient un peu plus conscient de l’urgence de s’attaquer aux changements climatiques. »

L’équipe du Café ACI est responsable du blogue officiel de L’Association canadienne de l’immeuble (ACI). Le blogue est un endroit chaleureux où l’ACI peut communiquer amicalement avec ses membres et lecteurs en leur faisant part de ses idées et perspectives tout en prenant une tasse de café virtuelle.


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