La Banque du Canada maintient son taux directeur, mais ce n’est que partie remise

Dans sa première annonce de 2022, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 0,25 %. Elle cessera de plus de fournir des indications prospectives maintenant que les capacités excédentaires de l’économie dans son ensemble se sont résorbées.

La Banque précise que l’économie mondiale se remet de la pandémie de la COVID-19 avec vigueur, mais de façon inégale. Le déséquilibre de l’offre et de la demande dans la plupart des régions pousse l’inflation à la hausse, et les prix du pétrole ont rebondi bien au-dessus des niveaux prépandémie. Comme on s’attend de plus en plus à ce que les politiques monétaires soient normalisées plus tôt que prévu, les conditions financières, quoique généralement accommodantes, se sont resserrées légèrement en prévision des hausses de taux.

La reprise économique se poursuit

Selon la Banque, l’activité économique canadienne au cours du deuxième semestre de 2021 semble avoir été plus dynamique que prévu. Sous l’effet de la forte progression de l’emploi, le marché du travail s’est nettement tendu, les salaires moyens ont augmenté, les postes vacants sont nombreux et les intentions d’embauche sont fortes. Le roulement rapide sur le marché de l’habitation continue de faire grimper le prix des propriétés. À cela s’ajoutent d’autres facteurs qui ont influé sur l’élan de croissance en 2022, menant la direction de la Banque à un consensus selon lequel les capacités excédentaires se sont résorbées.

La Banque anticipe que l’économie canadienne affichera un taux de croissance de 4 % en 2022 et de 3,5 % en 2023, dans le sillage d’une croissance de 4,5 % en 2021. Les prévisions antérieures relatives à la croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2022 (4,3 %) et de 2023 (3,7 %) ont été revues à la baisse.

La Banque indique que l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) reste bien au-dessus de sa cible et que les mesures de l’inflation fondamentale sont en légère hausse depuis la fin de l’année dernière. Elle prévoit que l’inflation mesurée par l’IPC devrait s’établir à environ 5 % au cours du premier semestre de l’année et devrait se modérer à environ 3 % vers la fin de l’année pour ensuite se rapprocher graduellement de la cible de 2 % de la Banque pendant le reste de la période de projection. Pour l’année complète de 2022, l’inflation devrait s’établir à 4,2 %, représentant une augmentation de 0,8 point de pourcentage par rapport aux prévisions précédentes. L’inflation prévue en 2023 est de 2,3 %.

Une hausse se profile

Au cours des semaines qui ont précédé cette annonce, un nombre croissant d’observateurs envisageaient une hausse des taux d’intérêt. Compte tenu de ce contexte, l’annonce de maintenir les taux d’intérêt semble être un compromis. Mais ce ne sont pas ces observateurs qui ont le dernier mot.

La Banque avait indiqué précédemment que la première hausse des taux d’intérêt du cycle de resserrement prochain aurait lieu entre avril et septembre. En fin de compte, à la suite de l’annonce d’aujourd’hui de la Banque et en lisant entre les lignes du jargon technique, nous pouvons nous attendre à une hausse des taux lors de la prochaine annonce prévue en mars, ce qui précède en fait la date suggérée antérieurement.

Les marchés prévoient actuellement de quatre à cinq hausses des taux d’intérêt au cours de 2022 et il est fort probable qu’une première hausse aura lieu en mars.

La prochaine annonce de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt est fixée au 16 mars 2022.

Pour en savoir plus : creastats.ca.

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