À quoi pensent réellement les courtiers et agents immobiliers pendant une visite libre?

Peu après avoir obtenu mon permis de courtage, une homologue plus âgée et plus sage que moi m’a dit qu’elle ne faisait pas de visites libres parce qu’elles servaient davantage à « vendre » des courtiers et agents immobiliers que des maisons. Je vois aujourd’hui qu’elle avait raison.

Selon cette hypothèse, une personne qui se présente à une visite libre ne souhaite habituellement pas acheter la maison en question, mais songe, dans une certaine mesure, à en acheter une. Cela fait d’elle un client potentiel.

Autrement dit, les visites libres sont, pour les courtiers et agents immobiliers, l’équivalent de passer un dimanche après-midi dans un bar, bien que le lieu soit mieux éclairé et qu’on n’y serve pas d’alcool. Comme c’est le cas dans votre pub local, il existe des règles d’étiquette qui, nous l’espérons, seront suivies par tout le monde. Voici les principales :

1) Signez le registre d’inscription. La plupart des registres d’inscription que j’ai consciencieusement demandé aux acheteurs de signer comportaient tellement peu de détails personnels qu’on aurait dit qu’ils étaient passés entre les mains du Service canadien du renseignement de sécurité.

J’imagine que les acheteurs craignent que je les inonde de pourriels, que je les appelle sans cesse ou que je me présente sur le pas de leur porte sans crier gare. On croirait qu’ils ont parlé à mes ex-petits amis.

Toutefois, sans une feuille de présence officielle, remplie avec exactitude, le propriétaire n’a aucun moyen de savoir qui a visité la maison, et il est en droit de connaître cette information.

Soyez prévenant. Signez votre vrai nom; laissez votre numéro de téléphone et votre adresse électronique. Après tout, on ne peut pas vraiment faire de suivi auprès de « Mickey Mouse ».

2) Si vous êtes un voisin curieux, faites preuve de discrétion. Les voisins curieux sont des gens qui, même s’ils vivent à côté depuis nombre d’années, n’ont jamais mis les pieds dans la maison de leurs voisins et meurent d’envie de voir comment les autres vivent. Il n’y a rien de mal à cela.

Ce qui nous dérange, ce sont les voisins qui racontent à haute voix, à portée des acheteurs éventuels, une histoire de ratons laveurs qui sont morts dans le grenier et qui ont empesté l’endroit pendant des semaines.

Si vous croyez qu’il y a certaines choses que nous devrions savoir au sujet de la propriété, dites-le-nous… mais en privé d’abord. Nous nous occuperons de la divulgation.

3) Ne monopolisez pas notre temps si vous n’avez pas l’intention d’acheter quoi que ce soit. Ah, les consommateurs du dimanche. Nous en voyons à toutes les visites libres – des gens qui se présentent sans aucune intention d’acheter.

Une consommatrice de ce genre s’est présentée à l’une de mes visites libres plusieurs années après que je l’aie rencontrée dans le cadre d’une autre visite libre. Elle n’avait pas cessé de se rendre à des visites libres pendant toutes ces années… Pour vous donner une idée, quand je l’ai rencontrée pour la première fois, elle était enceinte; quand je l’ai revue, son « bébé » était en deuxième année.

Elle a ouvert la conversation en disant qu’elle et son conjoint n’avaient aucunement l’intention d’acheter, mais qu’elle avait vu mon affiche et qu’elle avait décidé de venir me dire bonjour. Elle est restée une bonne demi-heure. Même s’il a été agréable d’apprendre ce qui s’était passé dans sa vie depuis notre dernière rencontre, il y avait aussi des dizaines d’autres personnes qui circulaient dans la propriété dont je devais également m’occuper.

4) Laissez vos enfants (et vos animaux domestiques) à la maison. Une visite libre n’est pas une balade du dimanche à la campagne : vous êtes un étranger en visite dans la maison d’autrui.

Même les enfants les mieux élevés pourraient ne pas comprendre pourquoi il n’est pas permis de sauter sur les lits, d’ouvrir les tiroirs, de sortir des jouets qui sont rangés ou de s’exercer à aller à la toilette. Si vous le pouvez, laissez-les à la maison. Autrement, amenez quelque chose pour les distraire, de sorte qu’ils ne sentent pas le besoin de s’amuser avec les biens du propriétaire-vendeur. Une propriété n’est pas un magasin; vous ne pouvez pas acheter ce que vous avez brisé.

Pour ce qui est des animaux domestiques, j’ai mis quelqu’un vraiment en colère lorsque j’ai refusé de laisser entrer cette personne avec son petit chien. J’adore les chiens! Cela dit, je ne veux même pas penser à la responsabilité potentielle, peu importe à quel point l’animal est gentil et bien dompté.

5) Évitez de déplacer, d’ouvrir, d’utiliser ou de photographier quoi que ce soit sans permission. J’ai vu des gens dans le cadre de visites libres qui semblaient croire qu’il était tout à fait acceptable d’ouvrir les tiroirs et d’examiner les effets personnels du propriétaire. Ce ne l’est pas. Vous pouvez examiner tout ce qui vient avec la maison, mais les effets personnels du propriétaire sont hors limite.

Il en va de même pour les photos. Ne croyez pas qu’il est acceptable de prendre des photos de l’intérieur de la maison d’autrui. Les propriétaires de maison ont droit à la vie privée; ce n’est pas parce qu’ils ont accepté d’offrir une visite libre qu’ils ont renoncé à ce droit. En cas de doute, posez la question.

6) Soyez à l’heure. Il est très courant de voir des visiteurs arriver une fois la visite libre terminée et demander quand même à voir la maison.

Je ne peux pas parler au nom des autres courtiers et agents immobiliers, mais lorsque la visite libre est terminée, je suis fatiguée. J’ai généralement passé une journée occupée et je suis prête à rentrer chez moi, à manger une bouchée, puis à profiter de ce qui reste du week-end.

Si la visite libre doit se terminer à 16 h, c’est que la permission que m’a accordée le propriétaire-vendeur pour la tenue de cette visite libre prend aussi fin à cette heure. Les visites libres durent généralement deux heures. Si vous ne pouvez pas vous y rendre, appelez-nous; nos numéros sont sur la pancarte. Nous serons heureux d’organiser une visite privée pour vous.

Peggy Blair est représentante des ventes au sein de l’équipe Royal LePage Team Realty, à Ottawa. Ancienne avocate, elle rédige l’éditorial des gaffes, publié par REM Magazine. Elle est l’auteure primée de la collection Inspector Ramirez, publiée par Penguin Canada et Simon & Schuster Canada, et reconnue sur la scène internationale. Son plus récent livre, Hungry Ghosts, est offert en librairie.


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