Le marché de la génération Y

Les membres de la génération Y sont souvent perçus comme paresseux, égocentriques, et comme ayant le sentiment que tout leur est dû. Or, leur réalité diffère beaucoup de celle des générations précédentes, surtout quand il est question de leur capacité à acheter une maison.

La flambée des prix de l’immobilier ces dernières années ne s’est pas accompagnée d’une hausse comparable des salaires pour ceux qui faisaient leur entrée sur le marché du travail. Les membres de la génération Y doivent aussi composer avec une plus grande insécurité d’emploi et une plus grosse dette – surtout d’études supérieures – que leurs parents. Voici comment les courtiers et agents immobiliers détenteurs du titre REALTOR® aident cette génération à intégrer le marché du logement.

Rochelle Edwards, courtière immobilière chez S. Todd Real Estate Ltd., est née en 1985. Elle fait donc elle-même partie de cette génération. Elle concentre ses activités sur les membres de la génération Y, surtout les premiers acheteurs. « Ce sont les moutons noirs de l’immobilier », précise-t-elle.

Selon elle, certains professionnels de l’immobilier chevronnés les évitent, jugeant qu’ils ont trop besoin d’accompagnement. Mme Edwards les trouve pourtant « enthousiastes et solides », même s’il faut parfois calmer leurs attentes irréalistes.

Elle remarque toutefois qu’ils démarrent souvent le processus avec un sentiment de découragement. « Ils croient qu’ils n’auront jamais les moyens de devenir propriétaires, que c’est déjà peine perdue », explique-t-elle.

Mme Edwards demande à ses clients potentiels s’ils aiment leur emploi (et pensent rester au même endroit un certain temps) ou s’ils pourraient déménager dans quelques années.

« Ce sont des points à clarifier dès le départ s’ils veulent vraiment acheter », explique-t-elle. Dans certains cas, la location peut être mieux indiquée, du moins pour l’instant.

Mme Edwards privilégie aussi les propriétés qui pourraient interpeller les locataires, au cas où l’acheteur devrait s’établir ailleurs ou éprouverait des difficultés financières.

« J’encourage toujours l’achat d’un condo, qui est moins coûteux à meubler. Ce sont des détails auxquels les premiers acheteurs ne pensent pas », explique-t-elle. Elle les incite aussi à choisir une propriété à deux chambres, qui sera plus facile à revendre au moment opportun. Et, si jamais les acheteurs ont des ennuis financiers, ils pourront louer cette chambre supplémentaire.

Jelani Smith, courtier immobilier et fondateur du blogue Bay Street, qui porte sur les finances des membres de la génération Y, croit que sa génération manque de connaissances financières, et il s’emploie à y remédier.

« Beaucoup de personnes de cette génération ne semblent pas comprendre qu’en immobilier, il vaut mieux avancer à petits pas. On n’a pas tous besoin d’une maison à quatre chambres et à deux garages, surtout si on n’en a pas les moyens », explique M. Smith.

Il conseille donc aux clients potentiels de commencer par un condo ou une maison en rangée, puis d’emménager dans une propriété plus grande après quelques années. « C’est le meilleur moyen d’y arriver; il vous évite de grever vos finances et de vivre d’un chèque de paie à l’autre », précise-t-il.

Il est d’ailleurs lui-même passé par là. Pour épargner en vue d’une mise de fonds, il a vécu chez ses parents tout en occupant deux emplois. C’est ainsi qu’il a pu acheter une maison en rangée à Scarborough, en Ontario, près de l’autoroute et de deux gares de transport en commun, soit idéalement située pour aller travailler à Toronto. À 22 ans, il est donc devenu propriétaire.

Certains croient qu’il est moins cher de s’établir en banlieue, mais ce n’est plus toujours le cas. « Si on achète une propriété à Oshawa en pensant aller travailler en train à Toronto, oui on la paye moins cher, mais on dépense plus en transport et en impôts fonciers », explique M. Smith. « Bien des gens n’y pensent pas. »

Quand M. Smith cherchait une propriété pour lui-même, il est tombé sur une maison unifamiliale à Brampton de même dimension et du même prix que sa maison en rangée à Scarborough. Mais après quelques recherches, il a constaté que les impôts fonciers et les frais de transport auraient été considérablement plus élevés.

L’achat sur plan est une autre possibilité. Les acheteurs devront peut-être patienter deux ou trois ans avant d’emménager dans leur condo ou leur maison en rangée, mais c’est la façon idéale d’amasser une mise de fonds – tout en profitant des prix d’aujourd’hui.

C’est l’un des meilleurs moyens pour les membres de la génération Y de faire leur entrée sur le marché selon Maurice Anderson, un agent immobilier de Royal LePage qui vise principalement cette clientèle. « Les paiements sont échelonnés, et une fois la construction achevée, il y a déjà une augmentation de la valeur nette. »

« Le plus grand défi pour cette génération, c’est d’amasser une mise de fonds », explique M. Anderson. « C’est difficile d’obtenir un prêt hypothécaire avec une mise de fonds de 5 %. Je recommande habituellement de prévoir au moins 10 %. »

Il suggère aussi aux clients de sortir des sentiers battus. S’ils ont un frère ou une sœur qui cherche aussi une propriété, ils peuvent acheter ensemble un triplex, en se réservant chacun un étage et en louant le sous-sol pour générer des revenus.

Mme Edwards propose aussi aux clients plus jeunes d’envisager des solutions de rechange.

« Il vaut mieux commencer au bas de l’échelle », explique-t-elle. « Votre maison ne sera peut-être pas digne d’Instagram. Évitez de la comparer à celles que vous voyez dans les émissions de rénovation. »

Avec le temps, il sera possible de gagner à la revente et de gravir les échelons. « Le plus difficile, c’est de définir les attentes », explique Mme Edwards. « Si votre premier échelon, c’est l’achat d’une maison de plain-pied, trouvez le moyen d’y parvenir. »

Avez-vous des conseils pour aider les membres de la génération Y accéder à la propriété? Partagez-les dans les commentaires ci-dessous.

L’équipe du Café ACI est responsable du blogue officiel de L’Association canadienne de l’immeuble (ACI). Le blogue est un endroit chaleureux où l’ACI peut communiquer amicalement avec ses membres et lecteurs en leur faisant part de ses idées et perspectives tout en prenant une tasse de café virtuelle.


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