Réflexion des courtiers et agents immobiliers sur la téléréalité immobilière

Les émissions de téléréalité immobilière semblent s’être taillé une place importante dans la culture populaire et elles ont certainement élargi le point de vue du téléspectateur moyen sur l’immobilier. Mais outre les prix (élevés et bas), les équipes de tournage et les jeux de mots des courtiers et agents immobiliers, dans quelle mesure les attentes que créent ces émissions chez les consommateurs sont-elles réalistes?

Si l’on regarde à l’une des extrémités du spectre, où se situent Du soleil à revendre ou Inscription$ Millionnaire$ : L.A., il y a peu de chance que vous ayez fait vos débuts en tant que courtier ou agent immobilier dans une agence de courtage de luxe dont les inscriptions valent des dizaines de millions.   

Il se peut cependant que vous ayez trouver vos propres clients potentiels, que vous ayez appris les ficelles du métier dans un bureau où l’équipe était déjà très soudée ou que vous ayez eu à expliquer à un vendeur le prix auquel devrait être fixé sa propriété et les raisons pour lesquelles elle ne valait pas autant que ce qu’il pensait.    

Toutefois, c’est peut-être là que se termine la liste des points communs.

Le téléspectateur moyen de téléréalités pense que les éléments de l’intrigue de ces émissions semblent exagérés puisqu’il suit la vie dramatique de professionnels de l’immobilier et les complications potentielles qui accompagnent l’achat ou la vente de superbes propriétés haut de gamme, mais vous, en tant courtier ou agent immobilier, savez que la « dramatique » à l’écran n’est pas ce dont doivent se soucier la plupart des gens.     

Certaines des tactiques de marketing tape-à-l’œil et glamour utilisées dans ces émissions, comme les cocktails, les influenceurs et une visite libre sans pareil dans Selling Sunset qui comprenait un événement « burger et Botox », ne sont vraiment pas la norme, même pour les inscriptions exclusives les plus luxueuses.

C’est souvent la vie privée qui importe à ces vendeurs. L’agente immobilière Alex Irish d’Oakville, en Ontario, affirme que « la concurrence pour une inscription est bien réelle, et nous recourons assurément à toutes les types de publicité, que ce soit une réception autour de la piscine, une loterie, etc., mais seulement si le vendeur a vu ce genre d’activités et souhaite les intégrer. La plupart du temps, ce sont les outils moyens courants comme le contact personnel et les rencontres véritables qui font la différence ».      

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Les clients comptent sur votre savoir-faire, et ces émissions de télévision semblent toutes juste un peu trop faciles, de l’avis de certains courtiers et agents immobiliers.

Mme Irish et son équipe estiment que le plus gros défaut de ce type d’émission est « l’absence de présentation d’une toile de fond ». 

« Les consommateurs doivent comprendre que les courtiers et agents immobiliers disposent de nombreuses données qui aident vraiment les acheteurs à prendre leur décision. Le travail de préparation est souvent la partie la plus importante de l’histoire et c’est ce qui est le plus souvent laissé de côté », explique Mme Irish.

C’est un peu comme si ces émissions ont besoin d’avertissements pour indiquer qu’il n’est presque jamais aussi facile de trouver une propriété qui respecte tous les critères, dont le budget, et pour laquelle les négociations sont rapides et agréables sur le plan des rénovations et de l’inscription.    

Cela nécessite beaucoup plus de travail derrière la caméra, et c’est là que les connaissances d’un courtier ou agent immobilier ont la plus grande incidence.

Bien que chaque émission s’assure de présenter quelques surprises dramatiques pour tenir les téléspectateurs en haleine (assez longtemps, du moins, pour qu’ils soient encore là après la pause publicitaire), Mme Irish estime que « la simplification exagérée du processus et les coûts cachés font en sorte que de nombreux acheteurs inexpérimentés sont mal préparés à la réalité ».

Durant la pandémie de COVID-19, le chez-soi a assumé plus de rôles dans la vie quotidienne des gens, et ces nouveaux rôles ne cessent d’allonger la liste des besoins ou des rénovations souhaitées. 

Mme Irish et son équipe ont observé une amplification de cette tendance au cours de la dernière décennie; les critères de la « maison de rêve » se sont considérablement accrus.

« Les gens cherchent un endroit pour se divertir et recevoir. Parfois, ils revendent ou investissent dans l’immobilier, et cela devient une carrière. Ils souhaitent davantage s’occuper eux-mêmes de la décoration intérieure et cherchent une toile vierge, en plus de ce qui figure habituellement sur la liste de souhaits. » Mme Irish ajoute qu’elle prépare ses clients à « comprendre que c’est très bien si on trouve 85 % à 90 % des éléments de la liste, surtout dans un marché comme celui d’Oakville où les prix peuvent varier de manière assez radicale ».  

L’équipe de Mme Irish convient aussi que de nombreux clients s’informent sur les rénovations qui feront augmenter la valeur de revente, mais que, lorsqu’il est question d’esthétique, « [elle encourage] les gens à faire les travaux de rénovation qui les rendent heureux, car personne ne sait exactement ce qu’un acheteur voudra une fois le moment venu de vendre; il ne faut donc pas trop s’attarder à ces détails ».   

De façon générale, les téléréalités immobilières semblent efficaces pour échapper à la vie quotidienne, mais peut-être pas autant pour refléter la relation professionnelle réelle entre les courtiers et agents immobiliers et les clients. 

Les membres de l’équipe de Mme Irish considèrent que le « pur divertissement » qu’offrent ces émissions représente leur plus grande valeur, ajoutant qu’ils « sont attirés par les émissions hors de leur secteur local, comme dans des régions de villégiature ou des paysages internationaux », puisque ces éléments suscitent leur intérêt et ajoutent un autre niveau d’attrait pour le genre.    

La téléréalité est souvent une évasion qui nous permet de vivre par procuration les expériences des autres que nous voulons ou ne voulons pas imiter, sans avoir à investir une trop grande partie de nos propres vies ou émotions. Par conséquent, l’« évasion » vers des destinations étrangères, des maisons ou des rénovations résidentielles, depuis le confort de nos canapés, qui ne nous coûtent presque rien peut parfois être l’excellente distraction dont nous avons besoin. 

Écoutez-vous des séries télé sur l’immobilier? Sont-elles une représentation exacte du secteur immobilier? Faites-nous part de vos réflexions dans la section Commentaires ci-dessous.   

Dawn Faithfull est coordonnatrice, Communications, à l’ACI; vous avez donc probablement lu sans le savoir des articles qu’elle a écrits. Avant de se joindre à l’ACI, Dawn a acquis de l’expérience en marketing, en communications et en gestion d’événements en travaillant pour des marques nationales en restauration et des entreprises internationales d’événements et de divertissement. Lorsqu’elle n’est pas au travail, vous la trouverez en train de faire du yoga, de lire ou de s’adonner à toutes sortes d’activités à l’extérieur, des sports nautiques au cyclisme.


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